La Nouvelle République – « Je reste convaincu que c’est un petit scoop »
Construire un palais à Romorantin, en faire “une cité idéale”. “Le Rêve inachevé de Léonard de Vinci” est au cœur du film réalisé par Patrick Foch.

Vous êtes un réalisateur toulousain. Comment vous êtes-vous intéressé à Léonard de Vinci et au projet qu’il avait eu pour Romorantin ?

« Il y a neuf ans, en écoutant la radio, j’ai entendu Gonzague Saint Bris (1) parler de ce palais, à peine esquissé, imaginé pour Romorantin par Léonard de Vinci. Je suis réalisateur, mais j’ai démarré par l’infographie et les images de synthèse. Je me suis dit que ça serait intéressant si on pouvait ainsi reconstituer ce palais. J’ai alors commencé à me renseigner sur le sujet. A l’époque, il n’y avait presque rien. J’ai juste trouvé un livre de Carlo Pedretti (2). »

Pourquoi neuf ans ont-ils été nécessaires pour monter ce projet ?

« La boîte de production Le-Lokal m’a tout de suite suivi, mais il a été compliqué de trouver le budget nécessaire. C’était un projet assez ambitieux, je n’avais aucune notoriété et c’est une petite boîte de production. On a bien «  galéré  ». On y a cru dix fois, on s’est cassé les dents dix fois, jusqu’à la rencontre avec Yvan Avril, délégué régional de France 3 Centre-Val de Loire, il y a deux ans. Le projet lui a plu et on a ensuite bénéficié d’un effet domino. »

Quel budget deviez-vous trouver ?

« C’est un budget de près de 100.000 €. Nous avons eu des aides des collectivités, du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), etc. Il a fallu batailler ! »

Comment avez-vous construit votre documentaire ?

« Dès le début, il y a neuf ans, j’ai contacté Pascal Brioist (3). Je voulais quelqu’un qui connaisse bien l’histoire de Léonard de Vinci pour faire la «  traduction  ». Il se disait aussi qu’il y avait quelque chose à faire autour de ce génie et de la France. Il a managé une équipe de recherches et a pu notamment présenter un colloque sur le palais et la ville idéale en 2009 à Romorantin. A la base, le film devait suivre les travaux de recherches de Pascal Brioist, mais, comme nous avons pris du retard, on s’est un peu désynchronisé. J’ai réécrit le documentaire : c’est devenu une sorte de «  road movie  » européen à la recherche des indices laissés par Léonard de Vinci. Le fil rouge, c’est la reconstitution du palais en 3D. On la suit tout au long du film. »

Cette reconstitution semble vous tenir à cœur…

« Dans ce projet de cité idéale, on retrouve tous les centres d’intérêt de Léonard de Vinci. La gestion de l’eau, les inventions et la dimension architecturale bien sûr. Il doit sortir douze documentaires par an pour parler de son génie, mais on brasse toujours les mêmes choses, on parle toujours de «  La Joconde  ». Ce sujet-là est finalement très peu exploité, il continue à être très peu connu. Or, c’était un palais vraiment hallucinant. On parle d’un palais faisant presque le double de Chambord. Je reste convaincu que c’est un petit scoop. »

Vous avez tourné à Londres, Milan, Chambord et Romorantin. Quels sont les souvenirs les plus forts ?

« Le vol en montgolfière au-dessus de Romorantin a été génial ! La balade sur la Sauldre aussi… Quand on était à bord de la barque avec Pascal Brioist, on a eu comme un petit flash : on était au milieu de rien et on imaginait que l’on aurait pu être au milieu de deux imposants palais… »

« Le Rêve inachevé de Léonard de Vinci » sera présenté en avant-première à Romorantin, à La Pyramide, ce jeudi 4 juin, à 20 h (inscriptions auprès de communication-ftv-centre@francetv.fr, tél. 01.41.09.32.89). Le documentaire sera ensuite diffusé sur France 3 Centre-Val de Loire, samedi 13 juin, à 15 h 20, puis mardi 16 juin, à 8 h 50.

(1) Écrivain, historien et journaliste, il a été élevé au Clos Lucé à Amboise (propriété familiale), où Léonard de Vinci vécut trois ans. (2) Italien, il est l’un des spécialistes les plus célèbres et reconnus de Léonard de Vinci. Il fait partie des historiens rencontrés par Patrick Foch, interviewés dans son documentaire. « On lui a demandé d’apporter son éclairage sur les images de synthèse représentant le palais », précise le réalisateur toulousain. (3) Agrégé d’histoire, spécialiste notamment de la Renaissance, de l’histoire des techniques et de Léonard de Vinci. Il est membre du Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours.

Publié le 01/06/2015 par Valérie Pernette pour LaNouvelleRépublique